- Un private equity ETF est un fonds coté en bourse qui réplique un indice de sociétés de private equity elles-mêmes cotées (Blackstone, KKR, 3i, EQT…). Il n'investit pas directement dans des entreprises non cotées.
- Le plus connu, l'iShares Listed Private Equity (IPRV), compte environ 90 lignes, facture 0,75 % de frais par an et n'est pas éligible au PEA.
- Il se revend en un clic, mais il suit la bourse : -29,0 % en 2022 pour IPRV, quand l'indice du private equity non coté américain de Cambridge Associates reculait de 4,3 %.
- Depuis son lancement en 2007, IPRV affiche 4,81 % par an, contre 10,7 % par an sur dix ans pour le capital-investissement français non coté (France Invest et EY).
- L'ETF donne une exposition au secteur du private equity. Pour capter la performance des meilleurs fonds non cotés, il faut souscrire à ces fonds, ce que permettent les véhicules de mutualisation comme le FPCI.
Un private equity ETF est un fonds indiciel coté qui investit dans des sociétés de gestion et des véhicules de private equity cotés en bourse, et non dans les entreprises non cotées qu'ils financent. Il donne une exposition liquide et peu coûteuse au secteur du capital-investissement, mais sa performance dépend surtout des marchés actions.
Qu'est-ce qu'un private equity ETF ?
Un private equity ETF est un tracker qui réplique un indice composé de sociétés cotées actives dans le private equity : des gérants d'actifs privés, des holdings d'investissement et des véhicules de dette privée. Il s'achète et se revend en bourse comme une action, à tout moment pendant les heures de cotation.
L'investisseur ne détient donc pas des parts de fonds non cotés, mais des actions de trois types de sociétés :
- les gérants d'actifs privés, comme Blackstone, KKR, Apollo, EQT ou Partners Group, qui lèvent des fonds et touchent des frais de gestion et une part des plus-values ;
- les sociétés d'investissement cotées, comme 3i ou Brookfield Corporation, qui détiennent directement des participations dans des entreprises non cotées ;
- les véhicules de dette privée, comme les BDC américaines (Business Development Companies), dont Ares Capital.
Les principaux indices de référence sont le S&P Listed Private Equity Index, suivi par iShares, et le LPX Major Market, qui regroupe 25 sociétés et sert de base à l'ETF de Xtrackers.
Quels sont les principaux ETF private equity ?
Les principaux ETF private equity accessibles en Europe sont l'iShares Listed Private Equity, en version distribuante et capitalisante, l'Xtrackers LPX MM Private Equity et, depuis janvier 2026, le Goldman Sachs MSCI World Private Equity Return Tracker. Aucun n'est éligible au PEA : ils se logent sur un compte-titres ordinaire.
Sources : BlackRock, fiche iShares Listed Private Equity UCITS ETF, www.blackrock.com ; justETF, fiches IE000D8FCSD8, LU0322250712 et IE000GNOSM10, www.justetf.com (consultées le 02/11/2026).
L'iShares Listed Private Equity (IPRV)
L'ETF IPRV est le plus ancien et le plus gros private equity ETF européen : lancé en 2007, il détient environ 90 sociétés. Ses dix premières lignes pèsent plus de la moitié du portefeuille (52,88 % au 30/07/2026, selon justETF) :
- Blackstone, 7,77 % ;
- Brookfield Corporation, 7,35 % ;
- 3i, 6,78 % ;
- KKR, 5,61 % ;
- Apollo, 4,52 % ;
- EQT, 4,30 %.
Plus de la moitié de l'exposition est américaine (52,61 %), devant le Royaume-Uni (19,16 %) et le Canada (9,45 %). BlackRock précise aussi que certaines positions sont prises au travers de CFD (contracts for difference), des produits dérivés qui ne donnent pas la propriété des titres.
Le Goldman Sachs Private Equity Return Tracker
Le tracker lancé par Goldman Sachs en janvier 2026 ne détient aucune société de private equity. Il cherche à reproduire, avec des actions cotées, les expositions par secteur, région et style de l'univers MSCI Private Capital. Fin juillet 2026, ses premières lignes étaient AMD, Applied Materials, Eli Lilly, Broadcom ou Palantir, plus des bons du Trésor américain, avec 98 % d'exposition aux États-Unis. Le nom d'un ETF ne dit donc pas toujours ce qu'il contient : c'est la composition qu'il faut lire.
Quelles performances pour un ETF private equity ?
Un ETF private equity a des performances proches de celles des actions, avec une forte volatilité : l'IPRV affiche 9,77 % par an sur dix ans et 4,81 % par an depuis son lancement en 2007 (en dollars, au 30/09/2026). Sa perte maximale depuis le lancement atteint -81,64 %, selon justETF.
Ses résultats varient beaucoup d'une année à l'autre, au rythme des marchés et des taux d'intérêt :
- les bonnes années : +44,7 % en 2019, +41,9 % en 2021, +38,9 % en 2023 ;
- les années de baisse : -14,2 % en 2018, -29,0 % en 2022 ;
- 2026 : -16,16 % sur un an au 30/09/2026.
Ce visuel montre qu'un ETF private equity se comporte comme un placement actions, avec des écarts de plus de 70 points entre la meilleure et la pire année.
Source : BlackRock, fiche iShares Listed Private Equity UCITS ETF, performances en USD, www.blackrock.com (consultée le 02/11/2026). Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
En euros, les chiffres diffèrent à cause du taux de change : justETF calcule -24,54 % en 2022 et +34,02 % en 2023 pour le même ETF. Comparez toujours deux performances dans la même devise.
ETF private equity ou fonds non coté : quelles différences ?
Un ETF private equity achète des actions de gérants cotés, alors qu'un fonds non coté achète directement des entreprises pour les transformer et les revendre au bout de quelques années. Les deux n'ont ni le même rendement, ni le même risque, ni la même liquidité.
Sources : Cambridge Associates, « US PE/VC Benchmark Commentary, Calendar Year 2022 », publishedresearch.cambridgeassociates.com ; France Invest et EY, « Performance nette des acteurs français du capital-investissement à fin 2025 », communiqué du 25/06/2026, www.franceinvest.eu.
La différence de 2022 tient en partie à la méthode : un fonds non coté est valorisé chaque trimestre par son gérant, ce qui lisse les variations, alors qu'un ETF subit le cours de bourse au jour le jour. Elle tient aussi à la nature des actifs : les entreprises d'un fonds de LBO ou de growth equity ne sont pas revendues pendant une baisse des marchés, le gérant attend le bon moment pour céder.
« Quand vous achetez un ETF private equity, vous achetez Blackstone, KKR ou Apollo, c'est-à-dire les sociétés qui encaissent les frais du private equity, pas les entreprises dans lesquelles leurs fonds investissent. Ces trois gérants font d'ailleurs déjà partie du S&P 500 : si vous avez un ETF Monde ou S&P 500, vous les détenez déjà. Le résultat se voit en 2022 : -29 % pour l'ETF de référence, -4,3 % pour l'indice du private equity non coté américain. Ce ne sont pas deux façons d'investir dans la même chose, ce sont deux actifs différents. »
Les limites d'un ETF private equity
Un ETF private equity a quatre limites principales : il suit la bourse, il ne capte pas la performance des meilleurs fonds, il empile deux niveaux de frais et il fait souvent doublon avec un ETF actions classique.
- Une forte volatilité. L'écart-type de l'IPRV sur 3 ans atteint 20,79 % (BlackRock, au 30/09/2026), soit le niveau d'un ETF d'actions sectoriel. Les gérants cotés réagissent fortement aux taux d'intérêt et au rythme des cessions.
- Une performance moyenne. L'ETF réplique un indice, il ne sélectionne pas les gérants. Or en private equity, l'écart entre le premier et le dernier quartile dépasse 29 points de TRI net sur le marché français. Notre article sur le rendement du private equity détaille ces écarts par stratégie.
- Une double couche de frais. Aux 0,50 à 0,75 % de l'ETF s'ajoutent les frais de fonctionnement des sociétés détenues, inclus dans leurs cours.
- Un doublon avec les ETF actions. Blackstone est entré au S&P 500 en septembre 2023, KKR en juin 2024 et Apollo en décembre 2024. Ces trois valeurs pèsent environ 18 % de l'IPRV et se trouvent déjà dans un ETF S&P 500 ou MSCI World.
- Un risque de change. L'IPRV est libellé en dollars et plus de la moitié de ses sociétés sont américaines : la variation de l'euro face au dollar s'ajoute à celle des actions.
Comment investir dans le private equity non coté avec Fundora
Pour investir dans de vrais fonds non cotés plutôt que dans des gérants cotés, Fundora donne accès à des stratégies sélectionnées parmi les fonds du top 25 % mondial. Fundora identifie et propose ces stratégies, la gestion effective étant assurée par Kyoseil Asset Management dans le cadre du mandat, société de gestion de portefeuille agréée par l'AMF sous le numéro GP-99040.
Ces fonds institutionnels exigent habituellement des tickets de 200 000 à 1 million d'euros. Fundora mutualise les souscriptions de plusieurs investisseurs particuliers dans un FPCI (Fonds Professionnel de Capital Investissement) associé à un SPV (Special Purpose Vehicle), qui investit directement dans les fonds cibles. Le seuil d'entrée est ainsi fortement abaissé par rapport à une souscription directe, le montant minimum variant selon la stratégie ouverte à la collecte.
Les stratégies couvrent le venture capital, le leveraged buyout et le private equity secondaire, qui rachète des parts de fonds déjà investis pour raccourcir la durée de blocage. Notre guide pour investir dans le non coté compare les autres voies d'accès, et notre page pour investir en private equity détaille le fonctionnement de la plateforme.
ETF et fonds non cotés ne s'excluent pas : l'ETF peut servir de poche liquide, quand le non coté vise le rendement de long terme sur une partie de l'épargne que l'on peut immobiliser plusieurs années. Notre guide pour construire un portefeuille diversifié explique comment répartir les deux.
Ces placements comportent un risque de perte en capital et une durée de blocage de plusieurs années. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
FAQ
Qu'est-ce qu'un private equity ETF ?
C'est un fonds coté qui réplique un indice de sociétés de private equity cotées en bourse, comme Blackstone, KKR ou 3i. Il donne une exposition au secteur du capital-investissement, sans investir directement dans des entreprises non cotées.
Quel est le meilleur ETF private equity ?
Le plus utilisé est l'iShares Listed Private Equity (IPRV), le plus ancien et le plus gros, avec 0,75 % de frais. L'Xtrackers LPX MM Private Equity est un peu moins cher (0,70 %) mais synthétique. Le choix dépend surtout de la préférence entre distribution et capitalisation des dividendes.
Peut-on mettre un ETF private equity dans un PEA ?
Non. Les ETF private equity investissent surtout dans des sociétés américaines, britanniques et canadiennes et ne sont pas éligibles au PEA. Ils s'achètent sur un compte-titres ordinaire, au PFU de 31,4 %, comme l'explique notre article sur la fiscalité du private equity.
Un ETF private equity investit-il dans le non coté ?
Non, pas directement. Il détient des actions de gérants et de holdings cotés, qui eux investissent dans des entreprises non cotées. Sa performance suit donc d'abord le cours de bourse de ces sociétés.
ETF private equity ou fonds de private equity : que choisir ?
L'ETF convient à qui veut une exposition liquide au secteur, avec la volatilité des actions. Le fonds non coté vise un rendement de long terme supérieur, en échange d'un capital bloqué plusieurs années et d'un risque de perte en capital.
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