Investir dans le non coté : rendement, risques et accès

17/09/2025
5 min de lecture
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Investir dans le non coté consiste à placer une partie de son épargne dans des entreprises qui ne sont pas cotées en bourse. Longtemps réservée aux investisseurs institutionnels et aux grandes fortunes, cette classe d'actifs devient aujourd'hui accessible aux particuliers, avec un ticket d'entrée qui peut descendre jusqu'à 100 euros. Le non coté regroupe le private equity, le capital risque, la dette privée ou encore les fonds secondaires. Il attire de plus en plus d'épargnants en quête de diversification, de rendements potentiellement supérieurs aux marchés boursiers et d'une exposition à l'économie réelle. Ce guide fait le point sur son fonctionnement, ses avantages, ses risques et les différentes voies d'accès.

Qu'est-ce que l'investissement dans le non coté ?

L'investissement dans le non coté désigne la prise de participation au capital ou à la dette de sociétés qui ne sont pas admises à la négociation sur un marché boursier. À la différence d'une action cotée que l'on peut acheter et revendre chaque jour, les titres d'une entreprise non cotée s'échangent de gré à gré, sans cotation quotidienne ni marché organisé.

Cette classe d'actifs recouvre plusieurs réalités : le financement d'une start-up en phase d'amorçage, l'accompagnement d'une PME en croissance, le rachat d'une société mature ou encore le prêt aux entreprises via la dette privée. Le point commun de ces placements est leur décorrélation partielle des marchés boursiers et leur horizon d'investissement long, généralement de 8 à 10 ans.

Le non coté occupe une place croissante dans l'allocation patrimoniale des particuliers. Il permet de compléter des supports plus classiques comme les actions cotées, les obligations ou l'assurance vie, en apportant un moteur de performance supplémentaire et une diversification des sources de rendement.

Les différentes formes d'investissement non coté

Le non coté n'est pas un actif unique mais une famille de solutions aux profils de risque et de rendement variés. Voici les principales typologies accessibles aux investisseurs.

Le private equity (capital investissement)

Le private equity, ou capital investissement, consiste à investir dans des sociétés non cotées à différents stades de leur développement. Il englobe plusieurs stratégies, du capital développement au rachat d'entreprises matures par effet de levier (leveraged buyout). C'est le segment le plus important du non coté en France. Pour approfondir, consultez notre guide dédié pour investir en private equity.

Le capital risque (venture capital)

Le capital risque finance des jeunes entreprises innovantes à fort potentiel de croissance, souvent dans la tech, l'intelligence artificielle ou la santé. Le profil est plus risqué que le private equity classique, mais les multiples visés y sont aussi plus élevés. Cette approche mise sur quelques réussites majeures pour compenser les projets qui n'aboutissent pas. Découvrez comment fonctionne le venture capital.

La dette privée

La dette privée consiste à prêter directement aux entreprises, en dehors du circuit bancaire traditionnel. L'investisseur perçoit des intérêts réguliers, ce qui en fait une solution recherchée pour générer des revenus avec une volatilité plus contenue que le capital. C'est une brique de diversification intéressante au sein d'une allocation non cotée, via les fonds de dette privée.

Les fonds secondaires et le pré-IPO

Les fonds secondaires rachètent des parts détenues par d'autres investisseurs dans des fonds existants, souvent avec une décote et un horizon plus court. Le pré-IPO cible quant à lui des sociétés matures qui préparent leur introduction en bourse. Ces stratégies offrent une exposition au non coté avec un profil de liquidité et de risque spécifique, via le private equity secondaire.

Pourquoi investir dans le non coté ? Les avantages

Le non coté séduit par plusieurs atouts qui en font un complément pertinent à une allocation traditionnelle.

Un potentiel de rendement supérieur aux marchés boursiers

C'est le premier argument des épargnants qui s'intéressent au non coté. Selon les données de France Invest et EY, le capital investissement français a délivré une performance nette annuelle moyenne de 12,4% sur 10 ans, contre 8,6% par an pour le capital risque sur la même période. À titre de comparaison, le CAC 40 dividendes réinvestis a progressé d'environ 8,9% par an sur longue période. Ces chiffres illustrent l'écart de performance historique entre le non coté et les marchés cotés, sans qu'il constitue une promesse pour l'avenir. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et le capital investi n'est pas garanti. Pour aller plus loin, consultez notre analyse du rendement du private equity.

Classe d'actifs
Source
Performance annuelle nette (10 ans)
Private equity français
France Invest / EY
12,4 %
Capital risque (venture capital)
France Invest / EY
8,6 %
CAC 40 (dividendes réinvestis)
Euronext
8,9 %

Source : France Invest / EY (private equity et capital risque français, données 31/12/2024), Euronext (CAC 40 dividendes réinvestis). À titre illustratif uniquement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Une décorrélation des marchés et de la volatilité

Les titres non cotés ne subissant pas de cotation quotidienne, leur valorisation ne réagit pas aux fluctuations de court terme des marchés boursiers. Cette faible corrélation apporte un effet de lissage au sein d'un portefeuille et réduit sa volatilité globale. En période de turbulences sur les marchés cotés, le non coté peut jouer un rôle d'amortisseur, à condition d'accepter en contrepartie une liquidité réduite.

Le financement de l'économie réelle

Investir dans le non coté, c'est financer directement des entreprises, des PME et des projets qui participent au développement de l'économie réelle. L'épargne sert à soutenir la croissance, l'innovation et l'emploi, avec un impact concret et mesurable. Cette dimension donne du sens au placement, au delà de la seule recherche de performance.

Les avantages fiscaux

Certaines enveloppes non cotées ouvrent droit à des avantages fiscaux. Les FCPI et les FIP (fonds d'investissement de proximité) permettent une réduction d'impôt sur le revenu de 18% du montant investi, dans la limite de plafonds et sous conditions de conservation des parts. D'autres véhicules, comme les FPCI, offrent une exonération d'impôt sur les plus values après une durée de détention minimale, généralement 5 ans. Le régime fiscal dépend du véhicule choisi et de la situation de chaque investisseur, il convient donc de le vérifier au cas par cas.

Les risques et inconvénients à connaître

Le non coté offre un couple rendement risque attractif, mais il comporte des contraintes que tout investisseur doit intégrer avant de se lancer.

Un capital non garanti

Investir dans des sociétés non cotées expose à un risque de perte partielle ou totale du capital. Une entreprise financée peut connaître des difficultés, voir sa valorisation baisser ou faire défaut. Selon l'INSEE, environ 69% des entreprises créées survivent au delà de 5 ans, ce qui rappelle que le risque d'échec existe et qu'il doit être compensé par la diversification.

Une faible liquidité et un horizon long terme

Le non coté est un placement peu liquide. Les parts ne se revendent pas facilement avant l'échéance du fonds, et l'argent investi est immobilisé sur une durée longue, souvent de 8 à 10 ans. Il faut donc n'y consacrer qu'une épargne dont on n'a pas besoin à court terme, en cohérence avec ses objectifs patrimoniaux.

Le ticket d'entrée et la sélection des fonds

Historiquement, les fonds de non coté exigeaient des tickets d'entrée de 200 000 euros à 1 million d'euros, réservant cette classe d'actifs aux institutionnels. Par ailleurs, la dispersion des performances entre les fonds est importante : la sélection du gérant et de la stratégie est déterminante. Accéder aux fonds les plus recherchés reste un enjeu clé pour un investisseur particulier.

Comment investir dans le non coté ?

Plusieurs voies d'accès existent pour investir dans les actifs non cotés, avec des niveaux de ticket, de fiscalité et de diversification différents.

Les véhicules d'investissement (FPCI, fonds communs de placement)

L'accès se fait le plus souvent via des fonds spécialisés. Le FPCI (Fonds Professionnel de Capital Investissement) permet d'investir dans un portefeuille diversifié de sociétés non cotées géré par une société de gestion. D'autres fonds communs de placement, comme les FCPI ou les FIP, ciblent des thématiques précises tout en offrant un cadre fiscal avantageux. Ces véhicules mutualisent les souscriptions de plusieurs investisseurs pour construire un portefeuille diversifié.

Via l'assurance vie

Certains contrats d'assurance vie proposent désormais des unités de compte investies en private equity. Cette voie permet d'intégrer du non coté dans une enveloppe fiscalement avantageuse et de le loger au sein d'une allocation patrimoniale plus large. L'offre reste toutefois limitée et dépend des supports référencés par l'assureur.

En direct dans des sociétés non cotées

Il est enfin possible d'investir en direct au capital d'une société non cotée, en devenant actionnaire et en bénéficiant d'un droit de vote. Cette approche demande une expertise pointue, un ticket souvent élevé et une capacité à sélectionner et suivre les entreprises. Elle concentre le risque sur un nombre restreint de participations, à la différence d'un fonds diversifié.

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Marchés cotés
Private equity (non coté)
Critère
Marchés cotés
Private equity (non coté)
Liquidité
Immédiate
Faible (capital bloqué)
Horizon de placement
Court à long terme
6 à 10 ans minimum
Volatilité
Modérée à élevée
Faible (valorisation lissée)
Rendement historique (10 ans)
~8,9 % / an (CAC 40 div. réinvestis)
~12,4 % / an (PE français, France Invest/EY)
Ticket d'entrée
Dès quelques euros
Dès 100 € via Fundora
Accès aux particuliers
Large
Démocratisé via plateformes
Liquidité
Coté
Immédiate
Non coté
Faible (capital bloqué)
Horizon de placement
Coté
Court à long terme
Non coté
6 à 10 ans minimum
Volatilité
Coté
Modérée à élevée
Non coté
Faible (lissée)
Rendement historique (10 ans)
Coté
~8,9 % / an
Non coté
~12,4 % / an
Ticket d'entrée
Coté
Dès quelques euros
Non coté
Dès 100 € via Fundora

Sources : France Invest / EY (private equity français, données 31/12/2024), Euronext (CAC 40 dividendes réinvestis). La volatilité du non coté est structurellement atténuée par la valorisation périodique des fonds. À titre illustratif — les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Bon à savoir

Le non coté comporte un risque de perte en capital et une liquidité réduite, le capital étant immobilisé plusieurs années. Il s'adresse à un horizon long et à une part mesurée de votre patrimoine.

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ON RÉPOND À VOS QUESTIONS

Nous avons réuni les réponses aux questions les plus fréquentes pour vous guider à chaque étape.

Pourquoi investir dans le non coté plutôt qu'en bourse ?

Est-il judicieux d'investir dans des actions non cotées ?

Combien faut-il pour investir dans le non coté ?

Comment placer 100 000 euros dans le non coté ?