Investir dans Fluidstack : ce qu'il faut savoir sur le bâtisseur de data centers de l'IA

Fluidstack n'est pas cotée en bourse : un particulier ne peut pas acheter ses actions directement, mais il peut s'exposer à l'entreprise via un véhicule d'investissement dédié, comme celui proposé par Fundora, ou indirectement via ses partenaires cotés. Fluidstack construit des data centers pour Anthropic et sa valorisation est passée de 7,5 à plus de 18 milliards de dollars en 2026.
Cette page détaille l'activité de Fluidstack, ses contrats, sa valorisation, les conditions d'accès à son capital, les autres voies d'exposition et les risques.
Fluidstack, le neocloud qui construit les data centers de l'IA
Fluidstack est un « neocloud » (ou néocloud) : cette start-up britannique construit et exploite des centres de données qui fournissent de la puissance de calcul, le « compute », aux laboratoires d'intelligence artificielle comme Anthropic, pour entraîner et faire tourner leurs modèles. Elle se charge de sécuriser l'électricité et le raccordement électrique, conçoit les sites, les construit puis les exploite, avec l'objectif de livrer 250 mégawatts en six mois.
Fondée en 2017 par des étudiants d'Oxford, Fluidstack a commencé par la location de GPU inutilisés à des chercheurs, avant de changer d'échelle avec des clusters dédiés, notamment de GPU Nvidia, puis des data centers complets. Elle fait aujourd'hui partie des rares opérateurs capables de livrer cette puissance aux plus grands laboratoires. Elle est dirigée par Gary Wu, directeur général, avec les cofondateurs César Maklary, président, et Jamie Cox, et a installé son siège mondial à New York en décembre 2025. Parmi ses clients cités figurent Anthropic, Meta, Poolside et Black Forest Labs.
Son chiffre d'affaires audité est passé de 1,57 million de livres en 2022 à 52,7 millions de livres en 2024. Les comptes 2025 n'étaient pas encore déposés en octobre 2026. Selon un mémo investisseur cité par Forbes, non audité, il aurait atteint 200 millions de dollars en 2025 et viserait 660 millions de dollars en 2026.
Sources : Companies House, « Fluidstack Ltd, comptes annuels », find-and-update.company-information.service.gov.uk ; Fluidstack, « Fluidstack Expands U.S. Investment by Relocating Global Headquarters to New York City » (décembre 2025), fluidstack.io ; L'Usine Digitale, « 830 millions de dollars levés : du cloud GPU aux infrastructures de plusieurs gigawatts » (juillet 2026), www.usine-digitale.fr.
Anthropic, Google, TeraWulf : les contrats qui portent Fluidstack
Fluidstack loue près de 980 mégawatts sur quatre campus aux États-Unis, avec des baux de dix à vingt-cinq ans garantis en partie par Google, et construit des data centers pour Anthropic au Texas et dans l'État de New York.
- Anthropic a annoncé en novembre 2025 un programme de 50 milliards de dollars de centres de données aux États-Unis, construits avec Fluidstack. Ce montant est l'enveloppe globale d'Anthropic, pas un contrat unique avec Fluidstack.
- TeraWulf loue à Fluidstack plus de 360 mégawatts à Lake Mariner (New York), pour environ 6,7 milliards de dollars sur dix ans, et partage avec elle un campus de 168 mégawatts à Abernathy (Texas), dont Fluidstack rachète la part depuis juillet 2026.
- Cipher Digital lui loue la totalité du campus de Barber Lake (Texas), soit 207 mégawatts, pour environ 3,8 milliards de dollars sur dix ans.
- Hut 8 lui loue 245 mégawatts à River Bend (Louisiane), pour environ 7 milliards de dollars sur quinze ans.
Google apporte une garantie financière d'au moins 6,2 milliards de dollars de loyers sur les trois premiers campus, et toute la durée de base du bail de River Bend. En échange, Google a reçu des bons de souscription qui pourraient lui donner environ 14 % de TeraWulf et 5,4 % de Cipher.
Sources : TeraWulf, formulaire 8-K (août 2025), www.sec.gov ; TeraWulf, formulaire 8-K (octobre 2025), www.sec.gov ; Cipher Mining, « Cipher Mining Signs Additional 56 MW 10-Year AI Hosting Agreement with Fluidstack » (novembre 2025), www.nasdaq.com ; Hut 8, rapport annuel 10-K 2025, www.sec.gov ; Anthropic, « Anthropic invests $50 billion in American AI infrastructure » (novembre 2025), www.anthropic.com.
La valorisation de Fluidstack : de 7,5 à plus de 18 milliards de dollars
Fluidstack est valorisée plus de 18 milliards de dollars depuis un tour d'environ 1,5 milliard de dollars mené par Jane Street, selon Forbes en septembre 2026, contre 7,5 milliards de dollars lors de sa série A. Fluidstack n'a pas confirmé ce dernier tour.
La série A, menée par le fonds Situational Awareness, a levé 830 millions de dollars à partir de janvier 2026, une opération rendue publique en juillet. La valorisation aurait donc été multipliée par 2,4 en moins de huit mois. En septembre 2026, la presse américaine a aussi rapporté des discussions avec le Pentagone pour un prêt d'environ 5 milliards de dollars, sans accord annoncé.
Sources : Fluidstack, « Series A announcement » (juillet 2026), fluidstack.io ; U.S. Securities and Exchange Commission, « Fluidstack, formulaire D » (juin 2026), www.sec.gov ; TechCrunch, « AI datacenter startup Fluidstack in talks for $1B round at $18B valuation » (avril 2026), techcrunch.com.
Peut-on acheter des actions Fluidstack ?
Non, pas en bourse. Fluidstack est une société privée, sans action cotée ni ticker, et aucune introduction en bourse n'a été annoncée. Ses actions ne s'échangent qu'entre investisseurs professionnels, lors des levées de fonds ou sur des marchés secondaires privés.
- EquityZen et Nasdaq Private Market proposent des titres Fluidstack, mais uniquement aux investisseurs accrédités au sens de la réglementation américaine, avec des montants minimums élevés.
- Le prix de 153,11 dollars affiché par Nasdaq Private Market n'est pas un cours de bourse, mais une estimation calculée par un algorithme à partir des levées de fonds et des transactions privées.
- Les SPV américains déclarés auprès de la SEC pour investir dans Fluidstack sont eux aussi réservés aux investisseurs accrédités.
Aucun jeton crypto n'est émis par Fluidstack : le token FLUID appartient à un protocole de finance décentralisée sans lien avec l'entreprise.
Sources : Nasdaq Private Market, « FluidStack », www.nasdaqprivatemarket.com ; U.S. Securities and Exchange Commission, « SMALLCAP World Fund, formulaires N-PORT » (mars et juin 2026), www.sec.gov.
Fluidstack et la France : le projet à 10 milliards d'euros abandonné
Fluidstack a renoncé en mars 2026 à son projet de supercalculateur de 10 milliards d'euros en France, pour concentrer ses moyens sur ses contrats aux États-Unis, selon Bloomberg puis Les Echos. L'entreprise ne l'a jamais commenté officiellement.
Le projet, annoncé en février 2025 lors du Sommet IA de Paris, reposait sur un protocole d'accord non contraignant : jusqu'à 1 gigawatt à Bosquel, dans la Somme, alimenté par l'électricité nucléaire, ainsi qu'un cluster pour Mistral AI dans l'Essonne. Fin mai 2026, une coentreprise entre SoftBank et Sesterce a été retenue pour reprendre un projet de 1 gigawatt sur le site de Bosquel.
Sources : World Nuclear News, « France tempts AI firms with its nuclear electricity » (février 2025), www.world-nuclear-news.org ; Les Echos, « "Mais où est la stratégie nationale ?" : après le retrait de Fluidstack et ses 10 milliards, le coup de mou sur les data centers en France » (mars 2026), www.lesechos.fr ; SoftBank Group, communiqué du 31 mai 2026, group.softbank.
Les autres façons de s'exposer à Fluidstack
On peut s'exposer indirectement à Fluidstack via ses partenaires cotés, TeraWulf, Cipher Digital, Hut 8 et Alphabet, et au secteur via les neoclouds cotés comme CoreWeave et Nebius.
- TeraWulf (WULF), Cipher Digital (CIFR) et Hut 8 (HUT), cotés aux États-Unis, louent leurs campus à Fluidstack. Leurs revenus dépendent en partie de ses loyers, mais aussi de leurs autres activités, notamment le minage de bitcoins.
- Alphabet, la maison mère de Google, garantit une partie des loyers de Fluidstack, avec une exposition très diluée à l'échelle du groupe.
- CoreWeave et Nebius, deux neoclouds cotés, exercent le même métier que Fluidstack. CoreWeave est entré en bourse en mars 2025 sur une valorisation d'environ 23 milliards de dollars et pesait environ 33,7 milliards de dollars le 19 octobre 2026 ; Nebius affichait environ 46,7 milliards de dollars. Ce sont des concurrents, pas une exposition à Fluidstack.
- Le non coté. Les autres grands neoclouds, Crusoe (30,9 milliards de dollars en septembre 2026), Nscale ou Lambda, sont encore privés, tout comme Anthropic, principal client de Fluidstack, présenté sur notre page pour investir dans Anthropic. Notre page pour investir dans l'IA compare les différentes approches.
Sources : StockAnalysis, « CoreWeave market cap » (consulté le 20 octobre 2026), stockanalysis.com ; Crusoe, « Crusoe announces Series F funding » (septembre 2026), www.crusoe.ai.
Les risques à connaître avant d'investir dans Fluidstack
Les principaux risques sont la perte en capital, l'illiquidité, la dépendance à quelques grands clients, le poids des loyers engagés et le manque d'information publique.
- Perte en capital. Une valorisation de tour privé est un prix négocié entre quelques investisseurs, pas un cours de marché : elle peut baisser au tour suivant.
- Liquidité. Les titres d'une société non cotée ne se revendent pas librement, et aucune introduction en bourse n'est annoncée.
- Concentration des clients. Les comptes 2024 indiquent qu'une large part du chiffre d'affaires vient d'un petit nombre de contrats, et Anthropic diversifie ses fournisseurs.
- Engagements financiers. Les loyers de base des quatre campus documentés atteignent environ 27 milliards de dollars.
- Exécution. Les data centers doivent être livrés entre 2026 et 2027, dans un contexte de tension sur l'électricité, le raccordement électrique et les équipements.
- Information. Le tour mené par Jane Street n'est pas confirmé par Fluidstack, et ses comptes 2025 sont en retard.
- Change. L'activité et les valorisations sont libellées en dollars.
Les performances passées ne préjugent en rien des performances futures.
Investir dans Fluidstack avec Fundora
Fundora propose depuis octobre 2026 une opération qui donne une exposition indirecte à Fluidstack, via un véhicule d'investissement dédié. Cette opération est structurée par Fundora de manière indépendante : il n'existe aucun partenariat entre Fundora et Fluidstack, qui n'en est ni l'émetteur, ni le promoteur, et l'investisseur ne détient pas directement d'actions de la société. Les conditions détaillées, les risques et la structure du véhicule sont présentés sur la page de l'opération.
Fundora permet plus largement d'investir dans le non coté, sur des portefeuilles diversifiés d'entreprises en forte croissance, en growth equity comme en venture capital. La plateforme s'appuie sur un FPCI (Fonds Professionnel de Capital Investissement) et un SPV (Special Purpose Vehicle), qui mutualisent les souscriptions de plusieurs investisseurs particuliers au sein d'une même structure investissant directement dans les fonds cibles. Ce mécanisme abaisse fortement le seuil d'entrée par rapport à une souscription directe, où les tickets minimums institutionnels vont habituellement de 200 000 à 1 million d'euros. Le montant minimum varie selon la stratégie ouverte à la collecte.
Les stratégies sont sélectionnées parmi les fonds du top 25 % mondial, la gestion effective étant assurée par Kyoseil Asset Management dans le cadre du mandat, société de gestion agréée par l'AMF sous le numéro GP-99040. Parmi les stratégies déjà proposées figurent par exemple Nextwave AI, Genesis AI Venture ou Phoenix Venture, consacrées à l'intelligence artificielle.
TABLEAU RÉCAPITULATIF
Bon à savoir
LA VOIE D’ACCÈS AUX FONDS PRIVÉS



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