Le fonds d'investissement est devenu un outil central de l'épargne moderne. Derrière ce terme se cache un principe simple : mettre en commun l'argent de plusieurs investisseurs pour le confier à des professionnels, qui le placent dans un portefeuille diversifié d'actifs. Encore faut-il comprendre comment fonctionne un fonds, quels sont les différents types de fonds disponibles, leurs frais, leurs risques et la manière d'y investir. Voici un guide complet pour y voir clair, des fonds cotés en bourse aux fonds de private equity.
Qu'est-ce qu'un fonds d'investissement ?
Un fonds d'investissement, aussi appelé fonds de placement, est un organisme de détention collective d'actifs financiers. Concrètement, il collecte des capitaux auprès d'investisseurs privés et institutionnels afin de constituer un portefeuille commun, investi dans des actions, des obligations, de l'immobilier, des liquidités ou des sociétés non cotées en bourse. Chaque investisseur détient des parts du fonds, proportionnelles à sa souscription, et profite ainsi de la performance de l'ensemble du portefeuille.
L'intérêt de cette gestion collective est double. D'une part, elle donne accès à une diversification qu'un particulier ne pourrait pas atteindre seul avec un capital limité. D'autre part, elle confie la sélection des actifs à une équipe de gestion professionnelle, dont c'est le métier d'analyser les marchés et de piloter le portefeuille.
Le rôle de la société de gestion et de l'AMF
Un fonds d'investissement ne se gère pas tout seul : il est piloté par une société de gestion de portefeuille. Cette structure définit la stratégie du fonds, sélectionne les titres, arbitre les positions et assure le suivi des performances. En contrepartie, elle perçoit une rémunération sous forme de frais de gestion, au cœur de la gestion de fonds.
En France, ces sociétés de gestion sont agréées et supervisées par l'Autorité des marchés financiers (AMF), qui encadre strictement leur activité : règles prudentielles, transparence vis-à-vis des investisseurs, obligations d'information. Ce cadre réglementaire exigeant constitue une protection importante pour l'épargnant et distingue les fonds régulés des placements non encadrés.
Comment fonctionne un fonds d'investissement ?
Lorsqu'un investisseur place son argent dans un fonds, il devient détenteur de parts. La valeur de ces parts évolue chaque jour en fonction de la performance des actifs détenus en portefeuille. Cette valeur s'appelle la valeur liquidative : elle correspond à l'actif net du fonds divisé par le nombre de parts en circulation. C'est à cette valeur que l'on achète ou que l'on revend ses parts.
Gestion active et gestion passive
Deux grandes approches de gestion coexistent. La gestion active vise à battre un indice de référence : l'équipe sélectionne les titres qu'elle juge les plus prometteurs et arbitre régulièrement le portefeuille. La gestion passive, à l'inverse, cherche simplement à répliquer un indice. C'est le principe des fonds indiciels et des ETF, qui suivent par exemple le CAC 40 ou le MSCI World sans intervention discrétionnaire.
La gestion active offre la possibilité d'une surperformance, mais à un coût plus élevé et sans garantie de résultat : de nombreux fonds actifs ne parviennent pas à dépasser durablement leur indice. La gestion passive, moins chère, séduit de plus en plus d'investisseurs pour son rapport coût-efficacité.
Les frais de gestion
Investir dans un fonds a un coût qu'il faut intégrer dans son calcul de rendement. On distingue principalement :
- les frais d'entrée, prélevés à la souscription (souvent négociables, parfois nuls) ;
- les frais de gestion annuels, qui rémunèrent la société de gestion (généralement 0,2 % pour un ETF, 1,5 % à 2,5 % pour un fonds actif ou de private equity) ;
- les commissions de surperformance, qui s'appliquent quand le fonds dépasse un objectif fixé.
Un atout de la gestion collective est que ces frais de gestion sont mutualisés entre tous les investisseurs du fonds, ce qui réduit le coût unitaire d'accès à une gestion professionnelle.
Les différents types de fonds d'investissement
Il existe de nombreuses catégories de fonds, qui couvrent l'ensemble des classes d'actifs. Le choix dépend de l'horizon de placement, de l'appétence au risque et des objectifs de chacun.
Les OPCVM : FCP et SICAV
Les OPCVM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières) sont les fonds les plus répandus auprès du grand public. Ils investissent en actions, obligations ou produits monétaires pour le compte d'un grand nombre d'épargnants. Deux structures juridiques existent : le fonds commun de placement (FCP), copropriété de valeurs mobilières sans personnalité juridique, et la SICAV (société d'investissement à capital variable), qui prend la forme d'une société dont l'investisseur devient actionnaire. Dans les deux cas, le fonctionnement pour l'épargnant est très proche.
Les fonds indiciels (ETF)
Les fonds indiciels cotés, ou ETF (Exchange Traded Funds), répliquent la performance d'un indice de référence. Ils se distinguent par des frais de gestion très faibles et une cotation en continu en bourse. Pour un investisseur qui souhaite s'exposer aux marchés actions cotées de manière diversifiée et peu coûteuse, l'ETF est devenu une brique de base incontournable.
Les fonds immobiliers (SCPI, OPCI)
Les fonds d'investissement immobilier permettent de placer son argent dans la pierre sans gérer de bien en direct. Les SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) collectent l'épargne pour acquérir et louer un parc immobilier, et reversent les loyers aux porteurs de parts. Attention toutefois à distinguer le taux de distribution, souvent mis en avant, de la performance globale réelle : en 2025, la performance globale annuelle des SCPI s'est établie à seulement +1,46 % selon l'IEIF, avec une baisse moyenne du prix de part de -3,45 %.
Les fonds de private equity (FCPR, FCPI, FPCI)
Le private equity, ou capital investissement, regroupe les fonds qui investissent dans des entreprises non cotées en bourse. C'est la classe d'actifs la plus performante sur le long terme, avec un TRI net de 12,4 % par an sur dix ans pour le capital investissement français (France Invest/EY, données au 31/12/2024). Plusieurs stratégies coexistent :
- le capital risque (venture capital), qui finance les startups en forte croissance ;
- le capital développement (growth equity), qui accompagne des entreprises déjà rentables ;
- le capital transmission (leveraged buy out ou LBO), qui finance le rachat d'entreprises matures.
Plusieurs véhicules y donnent accès : le FCPR (fonds commun de placement à risques), accessible au grand public avec au moins 50 % en non coté ; le FCPI (fonds commun de placement dans l'innovation), dédié au financement de PME innovantes non cotées (article L.214-30 du CMF) ; et le FPCI (fonds professionnel de capital investissement), réservé aux investisseurs avertis et privilégié pour les stratégies de premier plan.
Pourquoi investir dans un fonds d'investissement ?
Investir via un fonds présente plusieurs avantages concrets pour le particulier. La diversification est le premier : en une seule souscription, l'épargnant accède à un portefeuille réparti sur de nombreux titres, ce qui dilue le risque par rapport à l'achat de quelques actions en direct. Investir dans un fonds permet aussi de bénéficier d'économies d'échelle, car les frais de gestion sont répartis entre tous les investisseurs.
Vient ensuite l'accès à une gestion professionnelle : la sélection des actifs et le suivi du portefeuille sont confiés à des gestionnaires expérimentés, dans un cadre réglementaire encadré par l'AMF. Enfin, certains fonds ouvrent l'accès à des marchés ou à des opportunités difficilement atteignables en direct, comme les sociétés non cotées en private equity ou des secteurs spécialisés. Selon l'enveloppe utilisée (compte-titres, assurance vie, PEA), la fiscalité applicable aux plus-values peut en outre être optimisée.
Les risques et limites à connaître
Un fonds d'investissement n'est jamais sans risque, et le rendement passé ne préjuge pas des performances futures. Le premier risque est celui de perte en capital : la valeur des parts peut baisser si les marchés ou les actifs sous-jacents se déprécient. Le deuxième est le risque de sous-performance, notamment pour les fonds en gestion active dont la majorité ne bat pas durablement son indice de référence.
Le troisième est le risque de liquidité. Si les fonds cotés (OPCVM, ETF) se revendent facilement, les fonds de private equity bloquent le capital sur une longue durée, typiquement 7 à 10 ans. La sortie anticipée passe par le marché secondaire, souvent avec une décote, ce qui fait de l'illiquidité du private equity un paramètre clé à intégrer. Enfin, les frais de gestion pèsent sur le rendement net : ils doivent toujours être comparés à la performance réellement délivrée, et non à un rendement brut affiché.
Comment investir dans un fonds d'investissement ?
Avant d'investir, la première étape consiste à définir ses objectifs : horizon de placement, niveau de risque acceptable, besoin de liquidité, recherche de revenus ou de plus-values. Un épargnant qui souhaite un placement sécurisé et disponible s'orientera vers des fonds monétaires ou des fonds en euros, dont le rendement reste modeste (2,6 % en 2024 pour les fonds en euros, à comparer au Livret A à 1,5 %). À l'inverse, un investisseur de long terme acceptant le risque pourra viser les marchés actions via des ETF, voire le private equity pour rechercher une performance supérieure.
Accéder au private equity via la mutualisation
Le private equity a longtemps été réservé aux institutionnels, avec des tickets d'entrée débutant à 200 000 euros, voire 1 million d'euros pour les fonds les plus sélectifs. Cette barrière s'abaisse aujourd'hui grâce aux structures de mutualisation. Un SPV (Special Purpose Vehicle) regroupe les souscriptions de plusieurs investisseurs particuliers au sein d'une même structure, qui investit ensuite dans les fonds cibles comme le ferait un investisseur institutionnel unique. Le ticket institutionnel est ainsi mutualisé, et l'accès au capital investissement démocratisé.
Fundora : accéder aux fonds privés en gestion sous mandat
Fundora identifie et propose des stratégies de private equity sélectionnées pour leur qualité institutionnelle (capital risque, LBO, capital développement, secondaire, dette privée), structurées en FPCI avec mécanisme SPV pour mutualiser les souscriptions. La gestion effective est assurée par Kyoseil Asset Management, société de gestion de portefeuille agréée AMF sous le numéro GP-99040, dans le cadre du mandat. Cette architecture rend accessibles aux particuliers des stratégies de premier plan, avec des objectifs de multiples qui s'échelonnent selon le profil de risque (à titre d'objectif, sans garantie, les performances passées ne préjugeant pas des performances futures et le risque de perte en capital étant réel). Pour investir en private equity via cette approche, ou pour les profils plus engagés via Fundora Plus, l'inscription se fait directement sur la plateforme. Pour aller plus loin sur la performance de cette classe d'actifs, consulte notre analyse du rendement du private equity.
FAQ sur les fonds d'investissement
Qu'est-ce qu'un fonds d'investissement et d'où provient l'argent ?
Un fonds d'investissement est une structure de gestion collective qui regroupe les capitaux de nombreux investisseurs, particuliers comme institutionnels, pour les placer dans un portefeuille diversifié d'actifs. L'argent provient donc des souscriptions des investisseurs, qui reçoivent en contrepartie des parts du fonds. La gestion est confiée à une société de gestion agréée par l'AMF, qui sélectionne et arbitre les actifs.
Quels sont les différents types de fonds d'investissement ?
On distingue principalement les OPCVM (FCP et SICAV), les fonds indiciels (ETF), les fonds immobiliers (SCPI, OPCI) et les fonds de private equity (FCPR, FCPI, FPCI). Chaque type de fonds correspond à une classe d'actifs et à un couple risque-rendement différent, des fonds monétaires les plus prudents aux fonds de capital risque les plus offensifs.
Comment se rémunère un fonds d'investissement ?
Un fonds se rémunère via des frais de gestion annuels, généralement compris entre 0,2 % pour un ETF et 1,5 % à 2,5 % pour un fonds actif ou de private equity. S'y ajoutent parfois des frais d'entrée et des commissions de surperformance. Pour les fonds de private equity, le gestionnaire perçoit aussi un carried interest, soit une part des plus-values réalisées au-delà d'un seuil de rendement.
Quel est le rendement d'un fonds d'investissement ?
Le rendement dépend entièrement de la classe d'actifs. À titre indicatif, sur dix ans, le private equity français affiche un TRI net de 12,4 % par an (France Invest/EY), le MSCI World 11,3 % annualisé en euros, le CAC 40 8,9 % dividendes réinvestis, contre 2,6 % pour les fonds en euros (2024) et 1,5 % pour le Livret A. Ces performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Les fonds d'investissement sont-ils accessibles aux particuliers ?
Oui. Les OPCVM, ETF et fonds immobiliers sont largement accessibles via un compte-titres, un PEA ou une assurance vie. Pour le private equity, traditionnellement réservé aux institutionnels, l'accès se démocratise grâce à la mutualisation des souscriptions au sein de structures comme les FPCI organisés en SPV, qui abaissent le ticket d'entrée habituel.
Quels sont les risques d'un fonds d'investissement ?
Les principaux risques sont la perte en capital, la sous-performance par rapport à un indice de référence, le risque de liquidité (très marqué pour le private equity, dont le capital est bloqué 7 à 10 ans) et l'impact des frais de gestion sur le rendement net. Aucun fonds, hors produits à capital protégé, n'offre de protection contre la baisse des marchés.
LA VOIE D’ACCÈS AUX FONDS PRIVÉS

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