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Fonds d'investissement défense
Investissement thématique
26
May
2026

Fonds d'investissement défense

20
min de lecture
Paul Federici
Paul Federici
Head of Growth

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L'investissement dans la défense est l'un des thèmes les plus dynamiques des marchés financiers depuis 2022, placé au cœur des stratégies patrimoniales recommandées par de nombreux conseillers en gestion de patrimoine. Réarmement européen, retour de la dissuasion conventionnelle, programmes de drones et d'intelligence artificielle militaire : le secteur attire les capitaux institutionnels comme particuliers. Ce guide passe en revue les principales solutions pour investir dans le secteur, des ETF cotés aux fonds de private equity spécialisés, en passant par les actions en direct.

Pourquoi investir dans la défense ?

Depuis l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, les budgets militaires européens connaissent une accélération sans précédent depuis la fin de la guerre froide. L'OTAN a longtemps fixé l'objectif minimal de 2% du PIB consacré à la défense. Lors du sommet de La Haye en juin 2025, les Alliés se sont engagés à porter à 5% du PIB la part consacrée à la défense et aux dépenses liées à la sécurité au sens large (3,5% pour la défense pure plus 1,5% pour les infrastructures, la cyberdéfense et la résilience), à l'horizon 2035. Cet engagement représente un quasi-doublement de l'effort actuel pour la majorité des pays européens, à l'exception de l'Espagne qui a obtenu un opt-out à 2,1%.

En France, la Loi de Programmation Militaire 2024-2030 prévoit 413 milliards d'euros sur 7 ans, soit une hausse de plus de 40% par rapport à la précédente période. L'Allemagne a créé un fonds spécial de 100 milliards d'euros dès 2022 et vise désormais 3,5% du PIB en défense pure d'ici 2030, puis l'engagement OTAN à 5% en 2035. La Pologne dépasse déjà 4% du PIB et cible 5% à horizon 2035. Cette dynamique structurelle crée un effet d'aubaine pour les industriels, qui bénéficient de carnets de commandes pluriannuels sécurisés par les contrats étatiques.

Budgets défense en % du PIB : 2024 vs engagement OTAN 2035

L'écart à combler pour atteindre la nouvelle cible de 5% fixée au sommet de La Haye 2025

Budget 2024
Cible 2035
Cible OTAN historique : 2% PIB

Sources : OTAN, sommet de La Haye 2025, Loi de Programmation Militaire 2024-2030, plans nationaux de défense. L'Espagne a obtenu un opt-out lors du sommet de La Haye, avec une cible révisée à 2,1% du PIB. PIB = Produit Intérieur Brut, mesure de la richesse économique annuelle d'un pays.

Pays
Budget défense 2024 (% PIB)
Engagement OTAN 2035 (% PIB)
Pologne
4,1%
5,0%
Estonie
3,4%
5,0%
États-Unis
3,4%
5,0%
Lettonie
3,2%
5,0%
Lituanie
2,9%
5,0%
Royaume-Uni
2,3%
5,0%
Allemagne
2,1%
5,0%
France
2,1%
5,0%
Pays-Bas
2,0%
5,0%
Italie
1,5%
5,0%
Espagne
1,3%
2,1% (opt-out)
Cible OTAN historique
2,0%
2,0% (ligne de référence)

Les pays du flanc Est de l'OTAN, en première ligne face à la menace russe, ont déjà dépassé largement le seuil des 2% du PIB et visent désormais 5% à l'horizon 2035, conformément à l'engagement pris au sommet de La Haye en juin 2025. La Pologne fait figure de modèle avec 4,1% du PIB en 2024 et un objectif de 5% à l'horizon 2035, ce qui en fait le premier contributeur relatif de l'Alliance.

Les grandes économies européennes (France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie) s'inscrivent dans une trajectoire de rattrapage accélérée. L'Allemagne, longtemps en deçà du seuil OTAN, vise désormais 3,5% du PIB en défense pure d'ici 2030, puis l'engagement OTAN à 5% global en 2035. La France, avec la Loi de Programmation Militaire 2024-2030, cible 3% du PIB en défense pure à la fin de la décennie, avant de converger vers les 5% globaux à l'horizon 2035 conformément à l'engagement de La Haye. Ces hausses se traduisent mécaniquement par une explosion des carnets de commandes pour les industriels européens cotés (Rheinmetall, Thales, Dassault, Leonardo, BAE Systems) et pour l'ensemble de la BITD.

Pour l'investisseur, ces trajectoires constituent un argument structurel majeur : les budgets défense sont des engagements politiques pluriannuels difficiles à remettre en cause, qui sécurisent la visibilité du chiffre d'affaires des acteurs cotés et non cotés du secteur sur 5 à 10 ans.

Les performances historiques reflètent ce retournement. L'iShares US Aerospace & Defense ETF (ITA) a délivré une performance annualisée supérieure à 25% sur 2022-2025. Les valeurs européennes ont surperformé encore plus fortement : Rheinmetall a multiplié son cours par 7, Thales par 3, Dassault Aviation par 2,5.

Les principaux acteurs du secteur

L'industrie de défense européenne représente environ 110 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2024. Les principaux acteurs cotés en Europe sont Thales, Dassault Aviation, Airbus, Safran (France), Leonardo (Italie), Rheinmetall, MTU Aero Engines, Hensoldt (Allemagne), BAE Systems (Royaume-Uni) et Saab (Suède). Aux États-Unis, le complexe militaro-industriel est dominé par Lockheed Martin, RTX, Northrop Grumman, General Dynamics et Boeing Defense.

En France, la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) rassemble près de 4 000 entreprises, dont une majorité de PME et d'ETI françaises qui constituent le tissu productif de la souveraineté nationale. Ces acteurs interviennent en sous-traitance des grands donneurs d'ordre sur des activités stratégiques : électronique embarquée, optronique, matériaux composites, propulsion, munitions. Plusieurs ETI de la BITD préparent leur introduction en bourse pour financer leur croissance et répondre à la hausse des commandes publiques, ce qui ouvre de nouvelles opportunités aux épargnants et aux investisseurs particuliers souhaitant accéder à cette base industrielle.

Société
Pays
Performance 3 ans
Rheinmetall
Allemagne
+600%
Leonardo
Italie
+250%
Thales
France
+180%
Dassault Aviation
France
+150%
BAE Systems
Royaume-Uni
+120%
Airbus
Europe
+55%
RTX
États-Unis
+40%
Lockheed Martin
États-Unis
+30%

Comment investir dans les fonds défense ?

Les ETF aérospatial et défense

Les ETF constituent la voie la plus simple et la plus liquide. Les principaux ETF disponibles :

  • iShares US Aerospace & Defense ETF (ITA) : référence mondiale, environ 13 milliards de dollars d'encours, exposition principalement américaine. Frais 0,40%.
  • VanEck Defense ETF (DFEN) : exposition mondiale incluant Europe et Israël. Frais 0,55%.
  • HANetf Future of Defence ETF (NATO) : focus OTAN, lancé en 2023. Frais 0,49%.
  • Amundi MSCI Europe Aerospace & Defense ETF : version européenne éligible PEA.

Ticket d'entrée : quelques dizaines d'euros par part, accessibles via compte titres ou PEA pour les versions européennes.

Le private equity et venture capital deep tech

Le segment le plus dynamique reste le venture capital et le private equity sur la deep tech militaire : drones, IA militaire, cybersécurité, systèmes spatiaux. De nombreuses start-ups européennes lèvent des dizaines de millions d'euros et certains fonds spécialisés (NATO Innovation Fund, fonds souverains nationaux) accompagnent ces innovations.

Historiquement réservés aux investisseurs institutionnels, les FPCI orientés deep tech industrielle deviennent accessibles aux particuliers via des plateformes spécialisées comme Fundora, qui mutualisent les souscriptions au sein de structures FPCI/SPV. La gestion est assurée sous mandat par Kyoseil Asset Management, société de gestion agréée par l'AMF.

L'investissement en direct

Pour les investisseurs qui veulent piloter leur exposition, l'investissement en direct dans les actions de défense reste possible via un compte titres ou un PEA pour les valeurs européennes. La concentration sur 3 à 5 valeurs maximum est risquée mais peut générer des performances supérieures.

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Enveloppes fiscales, risques et cadre ESG

Enveloppes adaptées : PEA et PEA-PME pour les actions et ETF européens (exonération après 5 ans), assurance vie pour les unités de compte sur la défense, compte titres ordinaire pour les ETF américains type ITA. Le PER peut également loger des fonds défense en unités de compte.

Risques à connaître : volatilité géopolitique (les annonces de cessez-le-feu peuvent provoquer des corrections), dépendance aux commandes publiques (70 à 90% du chiffre d'affaires), valorisations élevées après 3 ans de forte hausse (PER souvent supérieurs à 25-30), risque de change pour les ETF américains.

ESG et défense : historiquement exclu des fonds ESG, le secteur défense conventionnelle est progressivement réintégré dans les critères durables depuis 2024-2025, à l'exception des armes controversées (mines, armes biologiques, chimiques, nucléaires). La taxonomie européenne et le label ISR français font évoluer leurs critères pour intégrer la dimension souveraineté.

Comment construire son allocation défense

La défense reste une exposition thématique : elle ne doit pas remplacer un portefeuille diversifié, mais le compléter. Pour un profil dynamique, une allocation de 5 à 15% du portefeuille global sur le secteur défense est cohérente. Pour un profil équilibré, 3 à 8% suffisent pour capter la dynamique sans surconcentrer le risque sectoriel.

La répartition géographique est un autre paramètre clé. Les valeurs américaines (Lockheed, RTX, Northrop) offrent une stabilité et une liquidité supérieures, portées par le plus grand budget militaire au monde. Les valeurs européennes (Thales, Rheinmetall, Leonardo) bénéficient du contexte de réarmement régional avec des multiples de croissance encore plus marqués. Un mix 50/50 entre les deux zénes permet de capter les deux dynamiques.

Côté véhicule, la combinaison la plus efficace pour un particulier associe un ETF défense large (type ITA ou NATO) pour la base de l'allocation, complété par 1 ou 2 valeurs en direct (par exemple Thales via PEA). Pour les profils dynamiques, une poche complémentaire de private equity sur la deep tech militaire permet d'aller chercher du rendement non corrélé aux marchés cotés.

Les cycles défense sont longs : les programmes d'armement s'étalent sur 10 à 20 ans. Un investisseur qui souhaite capter cette dynamique doit s'inscrire dans une logique de détention de 5 à 10 ans minimum.

Investir dans la défense via Fundora

Fundora et Kyoseil Asset Management, société de gestion agréée par l'AMF, rendent accessibles aux particuliers des stratégies de private equity et venture capital qui peuvent inclure une exposition à la deep tech militaire et à la souveraineté industrielle européenne. L'accès se fait via des FPCI (Fonds Professionnels de Capital Investissement) et des structures SPV qui mutualisent les souscriptions de plusieurs investisseurs particuliers.

L'offre couvre les principales stratégies du capital investissement : capital risque (start-ups deep tech, drones, cybersécurité, IA militaire), capital développement, capital transmission, secondaire et dette privée. Cette voie est complémentaire des ETF défense cotés : elle expose à des entreprises non cotées qui ne sont pas accessibles via les ETF classiques. La contrepartie est l'illiquidité, avec un capital bloqué entre 5 et 10 ans.

FAQ

Quel est le meilleur ETF défense ?

Le meilleur ETF dépend du périmètre géographique souhaité. L'iShares US Aerospace & Defense ETF (ITA) est la référence sur le marché américain. Le VanEck Defense ETF (DFEN) offre une exposition mondiale. Le HANetf Future of Defence ETF (NATO) couvre les valeurs OTAN. Pour les investisseurs européens souhaitant une éligibilité PEA, l'Amundi MSCI Europe Aerospace & Defense ETF est un bon point d'entrée. Les frais oscillent entre 0,40% et 0,55% selon les fournisseurs.

Est-il possible d'investir 500 € dans la défense ?

Oui. Les ETF défense permettent d'acheter des parts à partir de quelques dizaines d'euros sur un compte titres ou un PEA. L'assurance vie multisupport accepte également des unités de compte sur le secteur. Le private equity sur la deep tech militaire passe historiquement par des tickets plus élevés, mais devient accessible aux particuliers via Fundora.

Les fonds de défense sont-ils un bon investissement ?

Sur 2022-2025, les fonds de défense ont délivré des performances exceptionnelles (plus de 20% annualisé), portées par le réarmement européen. Sur le long terme (10 à 15 ans), le secteur affiche des rendements proches du marché actions global (8 à 10% annualisé) avec une volatilité plus élevée liée aux cycles géopolitiques. Les fonds défense peuvent constituer une exposition pertinente entre 5 et 15% du portefeuille pour les profils dynamiques.

Les fonds défense sont-ils éthiques ?

Le débat évolue. Historiquement exclus des critères ESG, les fonds défense conventionnelle (hors armes controversées) sont progressivement réintégrés dans les allocations responsables depuis 2024-2025. La taxonomie européenne et le label ISR français font évoluer leurs critères pour intégrer la dimension souveraineté et protection des démocraties.

Faut-il investir dans la défense française ou américaine ?

Les deux marchés offrent des profils différents. La défense américaine (Lockheed Martin, RTX, Northrop Grumman) bénéficie d'un budget militaire colossal (plus de 850 milliards de dollars par an), d'une grande liquidité et de valorisations historiquement élevées. La défense française (Thales, Dassault Aviation, Safran) profite directement de la Loi de Programmation Militaire et de la dynamique de souveraineté européenne. Les valeurs françaises sont également éligibles au PEA, ce qui leur confère un avantage fiscal décisif. Un investisseur peut combiner les deux pour capter les deux dynamiques.

Quels sont les secteurs porteurs de la défense en 2026 ?

Quatre domaines concentrent les investissements et la croissance la plus forte : la cybersécurité et la cyberdéfense, qui deviennent des priorités stratégiques pour tous les États ; les drones et systèmes autonomes (terrestres, aériens, navals), tirés par les retours d'expérience du conflit ukrainien ; l'intelligence artificielle militaire, appliquée à la reconnaissance, la surveillance et la prise de décision ; et l'espace de défense, avec les nano-satellites, la guerre électronique et les systèmes de communication sécurisés. Ces sous-secteurs sont particulièrement représentés dans le venture capital et la deep tech militaire.

Rédigé par
Paul Federici
Paul Federici
Head of Growth
Paul Federici est une des plumes du blog Fundora et de la newsletter hebdomadaire Private Equity Stories. Sur ce blog, il écrit avec une ambition simple : rendre le private equity lisible, rigoureux et utile aux investisseurs particuliers. Diplômé de Grenoble École de Management, Paul a construit sa carrière au croisement de la communication et de la finance.

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